• Emmanuelle Perrin

Les toilettes sèches, une question d’aménagement du territoire ?


Selon l’ADEME, nous consommons 137 L d’eau potable par jour et par personne dont 22% pour les chasses d’eau soit 30, 14L par jour/personne dans les toilettes.


A l’échelle du département Alpes Maritimes cela représente environ 30 140 000L d’eau potable écoulées chaque jour pour évacuer nos déjections des bâtiments.


Cette eau souillée sera ensuite assainie par un procédés industriel fort onéreux en énergie. Ainsi, selon le PCAET de la Métropole Nice Cote d’AZUR de 2019, en 3ème source d’émissions, l’assainissement contribue pour 9% aux résultats du Bilan Carbone® « Patrimoine et Compétences » de Nice Côte d’Azur. Ces émissions sont essentiellement induites par l’utilisation de produits chimiques (35%) et le traitement des boues des stations d’épuration (33%). 14% sont induites par les consommations d’énergie liées au process de traitement. Sans compter les usées qui échappent au comptage, par défaut de raccordement ou débordement des stations saturées.

Parallèlement à cela, plusieurs bassins versant de notre région (Loup, Brague, Paillons, Cagne etc …) sont fréquemment en alerte sécheresse créant ainsi chaque été des périodes de pénurie de la ressource en eau, y compris pour les usages vitaux, comme l’agriculture.


Pourquoi alors continuer de considérer l’eau comme un déchet transportant nos excréments plutôt que comme une ressource ?


L’usage des toilettes sèche dans l’habitat individuel, dans l’habitat collectif, dans l’espace public et bientôt peut être dans l’immobilier de bureau pourrait en partie inverser la tendance. La structuration d’une nouvelle infrastructure de gestions des matières par compostage pourrait créer des intrants biologiques locaux pour l’agriculture.

Cette vision circulaire suppose un changement culturel dans notre rapport à nos déjections, à l’architecture de nos toilettes et aux réseaux de nos villes. Alors oui, le développement des toilettes sèches est une question d’aménagement du territoire puisqu’elle induit une gestion alternative de l’assainissement.


Un mouvement est en train de naître grâce à des pionniers passionnés et militants. Des nouveaux emplois, à forte « valeur sociale » pourraient émerger de cette filière à construire.


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